Open innovation et design thinking, ça vous parle ?

L’open innovation – innovation ouverte en français – et le design thinking sont deux processus de plus en plus prisés et appliqués au sein des entreprises, mais aussi d’organisations sans but lucratif. En tant que think-and-do tank, Wezitcamp les a placés au coeur de son fonctionnement. En quoi consistent l’approche open innovation et la méthode design thinking ?

L’INNOVATION OUVERTE

Ce processus est inspiré des pratiques du développement informatique. À l’origine, on parle d’open source pour un logiciel informatique dont le code source est ouvert et réplicable. La méthodologie et les plans d’un produit ou d’un service en open source peuvent donc être librement consultés et réutilisés. Chaque développeur peut modifier un code source et le remettre à libre disposition de ses pairs qui le modifieront à leur tour, et ainsi de suite. Tout le monde participe à la création et à l’amélioration du code source. L’open innovation c’est donc une approche basée sur la conviction que l’innovation naît de partages et de processus collaboratifs. 

Ainsi, une approche dite d’innovation ouverte consiste dans un premier temps à identifier un problème ou un challenge auquel on souhaite répondre. Une fois le problème ou challenge identifié, on invite plusieurs personnes à le résoudre ensemble.

 

ET LE DESIGN THINKING

“Thinking like a designer can transform the way you develop products, services, processes — and even strategy.” Tim Brown

Tim Brown, CEO de la célèbre agence de design IDEO est à l’origine de la vulgarisation du concept de design thinking. En juin 2008, il publie pour le Harvard Business Review un article introduisant cette nouvelle discipline. Le design thinking, explique t-il, est un processus de création de stratégie mettant en application des outils du monde du design et dont le focus principal est le comportement humain. Les techniques, procédés, mais aussi le savoir-faire du domaine du design sont donc utilisés pour créer une stratégie managériale, commerciale, ou de production.

Le processus de design thinking est composé de cinq étapes : l’empathie, consistant à se mettre à la place de l’utilisateur et du public ; la définition du problème, émergeant des observations faites par empathie ; l’idéation, se composant de sessions de brainstorming pendant lesquelles on propose un maximum d’idées créatives sans jugement sur leur faisabilité ; le prototypage rapide pour matérialiser ces idées créatives ; enfin le testqui se conduit auprès du public visé et pendant lequel on récolte les avis. Les phases de prototypage et de test se réitèrent jusqu’à trouver une solution idéale, approuvée par le public visé.

POUR RESUMER

Le design thinking et l’open innovation sont partout aujourd’hui. Ils sont souvent couplés afin de résoudre des problèmes complexes de manière collaborative et pratique. La différence majeure entre ces deux approches est le point de départ : le design thinking se concentre d’abord sur l’expérience de l’utilisateur final alors que l’open innovation part d’une problématique pré-établie. La première approche est souvent plus adaptée lorsqu’on veut proposer de nouveaux usages ou tout simplement lorsqu’on a pas encore réussi à identifier le problème sur lequel travailler.

 

SUR WEZITCAMP…

Lors d’un atelier Wezitcamp, des équipes sont formées pour travailler sur des challenges ou des problématiques pré-établies – on adopte ainsi une première approche dite d’open innovation. La dimension design thinking entre en jeu lors des temps de prototypage auxquels s’attèlent les participants. Les processus d’open innovation et de design thinking ne s’arrêtent pas là, ils continuent sur le site internet via les pages collaboratives.

En adoptant une approche d’open innovation, on croise les compétences des participants (online et offline) et on encourage la transversalité qui peine parfois à s’exprimer au sein de structures “classiques”. L’open innovation permet de mettre tous les acteurs au même niveau : de l’étudiant au directeur de musée et du visiteur passionné au commissaire d’exposition.

 

…ET AU DELÀ

L’open innovation est un processus complet, constitué sur la transversalité et sur l’expérience. Il existe un dernier temps qui n’est pas propre au Wezitcamp mais qui doit être considéré dans le processus d’open innovation, c’est celui de l’appropriation des idées ou des dispositifs. Une idée qui n’est finalement pas développée par le groupe peut être utile à une autre personne et éclore dans un autre contexte, d’où la nécessité de la partager avec le plus grand nombre. L’innovation ne peut être appelée ainsi que si elle se transforme à travers des pratiques. En reprenant, remixant et partageant de nouveau les éléments distribués en libre accès sur Wezitcamp, la communauté toute entière participe à cette innovation ouverte.

Design Thinking Open Innovation
“ L’open innovation c’est donc une approche basée sur la conviction que l’innovation naît de partages et de processus collaboratifs.”

La réalité virtuelle au service des expositions d’arts décoratifs et de design

Réalité virtuelle Wezitcamp

Barry Joseph commente sa visite au Jewish Museum

« (…) La réalité virtuelle sera-t-elle simplement la dernière distraction qui brille, isolant les visiteurs des espaces et des gens autour d’eux ? » Si vous travaillez dans le secteur muséal, cette question vous a probablement déjà traversé l’esprit. Barry Joseph, directeur-adjoint du digital learning au American Museum of Natural History, tente d’y répondre dans un article publié récemment sur son blog. Il partage son expérience de visite au Jewish Museum où se tient actuellement l’exposition « Pierre Chareau : Modern Architecture and Design », la première dédiée à l’architecte et designer français aux Etats-Unis.

« La question est toujours en suspens, » écrit Barry Joseph, « mais [cette] nouvelle exposition  présente un argument de poids en faveur de la réalité virtuelle ». Pourtant, pour lui, la réalité virtuelle (RV) n’est ni l’élément le plus spectaculaire – ce prix revient dit-il à une scénographie permettant l’interaction de silhouettes humaines avec les meubles – ni l’élément le plus innovant de l’exposition, dont la palme revient cette fois à une installation mêlant projections au sol, « radiographies » de building et photographies au mur en simultané.

réalité virtuelle wezitcamp

Selon Barry Joseph, la réalité virtuelle joue un « rôle puissant » dans la « contextualisation des meubles » présentés. En effet, comme il l’explique : « Bien qu’aucun des intérieurs [de Chareau] n’aient survécu, des photographies existent et ont été utilisées pour créer – en réalité virtuelle – des simulations des salles qui logeait à l’origine les meubles (…) ».

 

Les quatre coins de la pièce où a lieu l’expérience de réalité virtuelles sont habillés, sols et murs, de noir. Les meubles disposés sur une estrade ressortent de manière saillante contre ce fond obscur. Faisant face à chacun de ces coins, un siège et un casque de RV attendent le visiteur. Ces casques permettent de voir une photo statique 360° représentant les mêmes meubles dans un contexte d’époque tel un salon, un jardin, ou un bureau.

« Et quand vous retirez le casque de RV, il reste les meubles, toujours devant vous comme avant, faisant leur salut comme les vedettes d’un spectacle pendant que votre esprit remplit l’espace noir autour d’eux avec des souvenirs de votre récente visite. C’était immersif, fluide et convaincant. » tranche Joseph.

Il ajoute : « La RV a fait ce qu’elle peut faire de mieux : vous emmener quelque part où vous ne pourriez pas aller autrement, pour expérimenter quelque chose qui n’existe plus (et dans certains cas, n’a jamais existé), pour améliorer votre appréciation de quelque chose de réel en face de vous. Et parce que c’est juste une photo 360° silencieuse – et non une vidéo – nous (ma famille et moi) avions la liberté de parler ensemble pendant tout le processus. »

réalité virtuelle

 Barry Joseph conclut également son article par une liste d’éléments dont il a pris note au cours de sa visite :

– « A part un agent de sécurité (comme il y en avait dans chacune des autres salles de l’exposition), il n’y avait pas de personnel dans l’espace. On a laissé les visiteurs gérer eux-mêmes l’utilisation des casques de RV qui, quand ils fonctionnaient, fonctionnaient très bien.

– Seulement trois des quatre casques fonctionnaient pendant notre visite. Le gardien de sécurité a dû expliquer cela à plusieurs reprises aux visiteurs.

– Cela signifie aussi que personne n’a nettoyé les casques entre chaque visiteur (du moins pas pendant que nous étions là). Ma femme, qui a un odorat surnaturel, m’a dit que cela se sentait.

– Mon fils a noté que puisque la RV a été générée par ordinateur, les textures n’étaient pas 100%(sic). « Mais je pense que je l’ai aimé comme ça ».

– J’avais pris le cordon reliant l’appareil à la chaise pour un cordon de sécurité. Le gardien m’a expliqué qu’il s’agissait en fait du cordon d’alimentation.

– Parce qu’il n’y avait pas de vidéo pour démarrer ou arrêter, pas d’écran ou d’interface gestuelle nécessitant d’être apprise, aucune instruction n’a été nécessaire au-delà de « S’il vous plaît asseyez-vous et regardez ». Il y avait peu ou pas de courbe d’apprentissage pour les visiteurs. L’expérience jouait sur le fait de prendre un objet en main et de regarder son environnement à travers cet objet. »

Vous pouvez lire la totalité de cet article (en anglais) sur le blog de Barry Joseph qui soit dit en passant possède le résumé LinkedIn le plus divertissant qu’on ait lu dernièrement.