La réalité virtuelle au service des expositions d’arts décoratifs et de design

Réalité virtuelle Wezitcamp
Photo: Will Ragozzino/Shutterbug. Courtsey of The Jewish Museum

Barry Joseph commente sa visite au Jewish Museum

« (…) La réalité virtuelle sera-t-elle simplement la dernière distraction qui brille, isolant les visiteurs des espaces et des gens autour d’eux ? » Si vous travaillez dans le secteur muséal, cette question vous a probablement déjà traversé l’esprit. Barry Joseph, directeur-adjoint du digital learning au American Museum of Natural History, tente d’y répondre dans un article publié récemment sur son blog. Il partage son expérience de visite au Jewish Museum où se tient actuellement l’exposition « Pierre Chareau : Modern Architecture and Design », la première dédiée à l’architecte et designer français aux Etats-Unis.

« La question est toujours en suspens, » écrit Barry Joseph, « mais [cette] nouvelle exposition  présente un argument de poids en faveur de la réalité virtuelle ». Pourtant, pour lui, la réalité virtuelle (RV) n’est ni l’élément le plus spectaculaire – ce prix revient dit-il à une scénographie permettant l’interaction de silhouettes humaines avec les meubles – ni l’élément le plus innovant de l’exposition, dont la palme revient cette fois à une installation mêlant projections au sol, « radiographies » de building et photographies au mur en simultané.

réalité virtuelle wezitcamp
Photo: Barry Joseph / http://www.mooshme.org

Selon Barry Joseph, la réalité virtuelle joue un « rôle puissant » dans la « contextualisation des meubles » présentés. En effet, comme il l’explique : « Bien qu’aucun des intérieurs [de Chareau] n'aient survécu, des photographies existent et ont été utilisées pour créer – en réalité virtuelle – des simulations des salles qui logeait à l’origine les meubles (...) ».

 

Les quatre coins de la pièce où a lieu l’expérience de réalité virtuelles sont habillés, sols et murs, de noir. Les meubles disposés sur une estrade ressortent de manière saillante contre ce fond obscur. Faisant face à chacun de ces coins, un siège et un casque de RV attendent le visiteur. Ces casques permettent de voir une photo statique 360° représentant les mêmes meubles dans un contexte d’époque tel un salon, un jardin, ou un bureau.

« Et quand vous retirez le casque de RV, il reste les meubles, toujours devant vous comme avant, faisant leur salut comme les vedettes d’un spectacle pendant que votre esprit remplit l’espace noir autour d’eux avec des souvenirs de votre récente visite. C’était immersif, fluide et convaincant. » tranche Joseph.

Il ajoute : « La RV a fait ce qu’elle peut faire de mieux : vous emmener quelque part où vous ne pourriez pas aller autrement, pour expérimenter quelque chose qui n'existe plus (et dans certains cas, n'a jamais existé), pour améliorer votre appréciation de quelque chose de réel en face de vous. Et parce que c'est juste une photo 360° silencieuse – et non une vidéo – nous (ma famille et moi) avions la liberté de parler ensemble pendant tout le processus. »

réalité virtuelle

 Barry Joseph conclut également son article par une liste d’éléments dont il a pris note au cours de sa visite :

- « A part un agent de sécurité (comme il y en avait dans chacune des autres salles de l'exposition), il n'y avait pas de personnel dans l'espace. On a laissé les visiteurs gérer eux-mêmes l’utilisation des casques de RV qui, quand ils fonctionnaient, fonctionnaient très bien.

- Seulement trois des quatre casques fonctionnaient pendant notre visite. Le gardien de sécurité a dû expliquer cela à plusieurs reprises aux visiteurs.

- Cela signifie aussi que personne n'a nettoyé les casques entre chaque visiteur (du moins pas pendant que nous étions là). Ma femme, qui a un odorat surnaturel, m'a dit que cela se sentait.

- Mon fils a noté que puisque la RV a été générée par ordinateur, les textures n'étaient pas 100%(sic). "Mais je pense que je l'ai aimé comme ça".

- J'avais pris le cordon reliant l'appareil à la chaise pour un cordon de sécurité. Le gardien m’a expliqué qu'il s'agissait en fait du cordon d'alimentation.

- Parce qu'il n'y avait pas de vidéo pour démarrer ou arrêter, pas d'écran ou d'interface gestuelle nécessitant d’être apprise, aucune instruction n'a été nécessaire au-delà de « S'il vous plaît asseyez-vous et regardez ». Il y avait peu ou pas de courbe d'apprentissage pour les visiteurs. L'expérience jouait sur le fait de prendre un objet en main et de regarder son environnement à travers cet objet. »

Vous pouvez lire la totalité de cet article (en anglais) sur le blog de Barry Joseph qui soit dit en passant possède le résumé LinkedIn le plus divertissant qu’on ait lu dernièrement.