Autour du Wezitcamp : Valérie Martinez

Une nouvelle rubrique d’articles se lance sur Wezitcamp. Désormais, nous publierons des entretiens avec les Wezitcampers ayant participé aux ateliers et/ou aux conversations en ligne. Pour cette première édition, nous avons échangé avec Valérie Martinez, chargée du multimédia au Ministère de la Culture et de la Communication.

 

Peux-tu présenter ton parcours en quelques mots ?

Suite à l’obtention du diplôme de concepteur-réalisateur multimédia aux Gobelins en 1996, j’ai débuté ma carrière à programmer des Cédéroms, manipulant aussi bien la 3D que les autres médias (images, audios, vidéos), développant en langage auteur et assurant la direction artistique.

Évoluant au rythme du numérique, mon métier et mon parcours se sont transformés avec les technologies. Ainsi, durant les années au musée du Louvre de 1997 à 2005, j’ai assisté à l’explosion de l’internet en tant que webmaster/webdesigner, j’ai suivi les pratiques de numérisation et de précision des données en tant que spécialiste de l’image numérique, et depuis que j’ai été nommé au ministère de la Culture, la polyvalence s’est décuplée avec l’arrivée des réseaux sociaux et la facilité d’utilisation d’un outil devenu indispensable à mon travail et à ma vie : le téléphone mobile.

 

Quelle a été ta première expérience de réalité augmentée ou de réalité virtuelle ?

Il était fréquent que les interfaces de navigation de cédéroms soient en réalité virtuelle restituée en 2D (la 3D des années 1990 tels les décors de jeux vidéos type Lara Croft). Dans la société où j’ai débuté, nous avions collaboré au développement de Le Deuxième Monde de Canal+, un monde virtuel composé d’avatars en réseau. Dès 2000, j’ai suivi le projet de numérisation 3D de ma collègue Angèle Dequier au service informatique du musée du Louvre. Mais la première expérience immersive, je la dois à la Casemate, le Fablab de Grenoble, qui a développé un voyage écologique sur le futur de notre planète. Puis peu de temps après, je testais la GoogleCard à la Cinémathèque française pour l’exposition « De Méliés à la 3D » entre autres.

 

Envisages-tu, dans le cadre de ton travail, un projet de réalité augmentée ou virtuelle ?

Oui cela faisait plusieurs années que j’y pensais et c’est un projet qui s’est concrétisé le 20 mai dernier à l’occasion de la Nuit des muséesPour cette édition 2017, l’équipe de la Nuit des musées a proposé une animation innovante autour d’un jeu nommé « Décrochez la nuit ». Sous la forme d’un jeu de piste à vivre au sein des collections des musées, les visiteurs devaient résoudre une ou plusieurs énigmes imaginées par les établissements. Le jeu permettait de localiser l’affiche de la Nuit des musées et de visualiser une œuvre 3D en réalité augmentée par l’intermédiaire des mobiles personnels des visiteurs. Ils étaient invités à se photographier avec cet objet, dans ce contexte muséal et à partager leurs photos sur les réseaux sociaux (Twitter et Facebook). Cette animation ludique et innovante a été proposée à tous les musées participants francophones et fut une réussite (3500 téléchargements sur 2 jours). Nos ateliers Wezitcamp ont démontré la complexité du choix adapté aussi bien au niveau technique, au niveau de la médiation, mais aussi et à mon sens au niveau de la cohérence. Il fallait imaginer un projet pouvant être déployé dans tous les musées participants et à la portée de tous les visiteurs. Nous avons donc choisi de créer un jeu accessible depuis le smartphone des visiteurs et où la réalité augmentée serait la récompense.

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Photo courtesy de Art Graphique & Patrimoine

Que penses-tu des expériences de réalité augmenté qui sont actuellement proposées ?

Il existe beaucoup de dispositifs intéressants et la réalité augmentée est un outil avant tout permettant une valorisation différente ou complémentaire. Je pense que beaucoup de projets sont actuellement des coquilles vides, des gadgets que l’on utilise avant tout pour suivre la mode de « l’innovation ». Même cela fait aussi parti de l’expérience nécessaire pour améliorer et enrichir. Selon moi, un dispositif doit être cohérent avec le message, l’expérience à transmettre, ou l’usage. La préparation de données adaptées (format, indexation, droit,etc.) constituent un frein à la qualité et à la complémentarité de la réalité augmentée par rapport à la visite physique.

 

Quel serait ton rêve en réalité augmentée ou virtuelle ?

Partagée en rêve et cauchemar, mon imaginaire est digne des films de SF. J’imagine que les dispositifs vont épouser ou intégrer le corps humain (lentilles, puces, nanotechnologies, etc.)